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Le blog de la Bergerie de Villarceaux

Comparaison de stratégies de maîtrise des mauvaises herbes vivaces en grandes cultures bio


Un essai mené à la Bergerie, sur le dispositif de la Motte, en partenariat avec Arvalis- Institut du végétal

En agriculture biologique tout comme en agriculture conventionnelle, il est important de contrôler les adventices ("mauvaises herbes" en langage courant) à un niveau tel qu'elles ne fassent pas concurrence aux cultures ce qui induirait des pertes de rendement. Au delà d'un seuil d'acceptabilité, il convient d'intervenir pour les maitriser.

Morris


Plusieurs stratégies peuvent se combiner. A Villarceaux, nous utilisons principalement une approche qui consiste à casser le cycle des mauvaises herbes en allongeant la rotation des cultures : pendant 4 ans nous cultivons des prairies sur une parcelle - prairies qui vont avoir tendance à se développer au dépend des adventices - puis nous retournons ces prairies pour y cultiver des céréales dans des parcelles où les mauvaises herbes ont perdues de leur viveur.

Cette approche est rendue possible car nous valorisons économiquement les prairies en les faisant pâturer par les animaux (troupeaux ovins et bovins) et en les fauchant. Cette complémentarité culture /élevage qui présente de nombreux avantages, a conduit à réintroduire un troupeau de vaches Salers à Villarceaux en 1997.


Cependant dans les régions agricoles très spécialisées en céréaliculture, où l'élevage est très minoritaire, on ne peut appliquer ce principe. Les adventices sont maitrisées par des interventions de désherbage, soit chimique (exclu en agriculture biologique) soit mécanique (utilisé par les agriculteurs biologiques mais aussi par de plus en plus d'agriculteurs conventionnels).

A Villarceaux, 64ha de l'exploitation ont été séparés du reste de l'exploitation afin d'y développer une système céréalier bio sans élevage qui puisse répondre aux enjeux du développement de l'agriculture biologique dans les régions de grandes cultures. Ce dispositif de recherche de longue durée porte le nom de "dispositif de la Motte", il existe depuis 2001 et fait l'objet d'un partenariat avec Arvalis Institut du végétal.

Glyph-o-mulch
A la Motte, nous ne cultivons pas de prairies. Le système est orienté vers des cultures qui puissent être valorisées en alimentation humaine. L'originalité de ce système tient aussi au fait qu'on n'y apporte par de fertilité d'origine animale (ni fumier, ni compost). Les paramètre de rendements et de fertilité du sol sont analysés sur le long terme.


Si la performance économique de ce système montre pour le moment des résultats satisfaisants, le développement des adventices vivaces (chardons, rumex et chiendent) est en train de devenir limitant. C'est pourquoi, un essai analytique a été mis en place par Arvalis lors de la période d'interculture de cette année (2012). Cet essai a pour objet de comparer quatre itinéraires de désherbage mécanique, dont certains seront suivis d'un labour (soit huit modalités au total).

Les outils de désherbage qui sont testés peuvent être classés en deux catégories:

- le Synkro de Pottinger procède par épuisement des mauvaises herbes : des dents à ailettes vont scalper le système racinaire des vivaces qui vont devoir puiser dans leurs réserves.

- le Morris, le Glyph-o-mulch et le Kvik Up Horrow procèdent par extraction des rhizomes des mauvaises herbes. Ils portent les mauvaises herbes en surface ce qui va conduire à les tuer par dessiccation. Le Kvik Up Horrow est un outil extirpateur de chiendent développé par un constructeur danois qui a prêté son matériel en "test" spécialement pour cette occasion.

Il est prévu deux passages d'engins pour chaque modalité. Des relevés et des comptages de rhizomes et mauvaises herbes dans les placettes permettront de comparer ces stratégies de désherbage entre elles dans l'optique d'adopter celle qui se sera révélée la plus efficace.

Présentation d'un glyph-o-mulch

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