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Le blog de la Bergerie de Villarceaux

Etude du système alimentaire de la bergerie : publication du mémoire de Claire Tissières


Billet rédigé par Claire Tissières


L'étude du système alimentaire de la Bergerie de Villarceaux, conduite par Claire Tissières (ingénieur AgroParistech) d'avril a octobre 2013, vient d'être publiée sur le site de la bergerie (
le mémoire complet et la synthèse sont téléchargeables).

A travers cette étude, la Bergerie a souhaité s'approprier une approche « système alimentaire » à l'échelle de son territoire afin de préparer la relance d'un projet de maraîchage diversifié biologique à Villarceaux.  

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Ainsi, nous avons effectué un état des lieux de l'offre et de la demande alimentaire du site afin de les comparer, ceci en imaginant une évolution de la demande à travers deux scénarios :

  • un scénario tendanciel, dans la continuité de la demande actuelle

  • un scénario alternatif dans lequel le restaurant propose des menus moins riches en produits d'origine animale.
     

Une fois la demande estimée dans le cadre de ces deux scénarios, nous l'avons comparée aux productions actuelles de la ferme de la bergerie (EARL du Chemin Neuf). Il n'y a plus d'activité de maraîchage sur la ferme depuis deux saisons et l'équipe de la bergerie souhaite re-développer un atelier de maraîchage biologique diversifié. L'étude menée apporte des éléments nouveaux qui serviront à l'élaboration du cahier des charges du futur projet de maraîchage de la Bergerie. Ce cahier des charges sera diffusée sous forme d'un appel à candidatures en début d'année 2014.

Zoom sur quelques éléments du rapport...

- Les productions de l'EARL du Chemin Neuf se sont diversifiées depuis les années 90 en développant un troupeau bovin allaitant et en complexifiant l'assolement. Cependant, l'ouverture depuis 2012 du restaurant de la Bergerie a provoqué une nouvelle demande de produits locaux, notamment celle de légumes. Cette demande pourrait se modifier si le restaurant choisit de proposer des menus moins riches en produits d'origine animale. Nous nous sommes basés sur les hypothèses de l'étude Afterres2050 de Solagro qui propose une inversion de l'équilibre protéines animales – protéines végétales de l'assiette moyenne française (définie par Solagro) et est actuellement de 2/3 – 1/3. Le restaurant propose actuellement des menus dont 70 % des protéines et 52 % de l'énergie sont issues de produits animaux ; s'il adoptait le scénario alternatif, 43 % seulement des protéines et 28 % de l'énergie pourraient provenir de produits animaux.

- Certains produits dont le restaurant a besoin ne sont pas produits sur la ferme : viande de porc et de volaille, œufs, produits laitiers et fruits et légumes. Certaines de ces productions pourraient aussi intéresser la coopérative de consommateurs qui vend ses produits sur le site. Nous avons dimensionné en première approximationi plusieurs ateliers qu'il pourrait être intéressant de déveloper à la Bergerie et qui ne nécessiteraient pas une surface trop importante pour leur mise en place. Ainsi, pour approvisionner le restaurant et la coopérative en œufs, il ne faudrait pas plus de 0,7 à 1 hectare, selon le scénario alimentaire envisagé par le restaurant ; répondre à la demande en farine de blé et en pain nécessiterait seulement entre 55 et 62 ares et leur approvisionnement en poulet 1,5 à 1,8 hectares. Par ailleurs, approvisionner le restaurant en légumes tout en ayant un ou plusieurs débouchés extérieurs nécessiterait environ un hectare d'atelier de maraîchage. Or quatre hectares sont pressentis pour ce futur projet, intégrer des ateliers supplémentaires pourrait donc s'envisager.

- Nous avons enfin défini les étapes-clé du dimensionnement du futur projet de maraîchage. Une première question sur laquelle l'équipe et les candidats-maraîchers vont devoir se pencher est le choix des débouchés complémentaires à la demande de la bergerie. Ensuite, il s'agira de débattre de l'intégration d'ateliers supplémentaires au projet (comme par exemple la production de fruits) et de la façon d'intégrer cet(/s) atelier(s) à l'atelier de maraîchage. Se posera ensuite la question du niveau d'intensification, et enfin celle de la possibilité d'organiser des activités supplémentaires, comme une production de semences, l'intégration d'activités pédagogiques et d'un espace test pour une couveuse. Selon les choix qui seront retenus, de nombreux systèmes pourraient potentiellement voir le jour : les surfaces et les investissements nécessaires à leur mise en place seront certainement un facteur de décision, ainsi que le nombre d'emplois qu'ils permettraient de créer.


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