Description du dispositif expérimental de la Motte

Le dispositif de la Motte (64 ha) est implanté sur la Bergerie de Villarceaux dans le Val d’Oise (95). Il a été initié sous l’impulsion d’Arvalis-Institut du Végétal, des exploitants de la ferme, de la Chambre d’Agriculture 77 et de l’ITAB. Les opérations culturales sont assurées par le personnel de l’exploitation.

Logo des deux principaux partenaires du dispositif

Arvalis-Institut du végétalITAB

ENJEUX DU DISPOSITIF

Le système biologique céréalier sans élevage de la Motte a été mis en place en réponse à la demande de certains agriculteurs de régions de grandes cultures céréalières (Ile de France, Centre) qui souhaitent passer en AB mais sans atelier d’élevage et avec une faible dépendance aux apports de produits organiques exogènes. L’objectif de ce système est de produire et dégager un revenu tout en maintenant la fertilité des sols.

Se passer des animaux ? Les systèmes de polyculture-élevage sont sans doute les systèmes les mieux adaptés à l'agriculture biologique. La complémentarité entre élevage et culture joue à plein : les prairies temporaires participent à la maîtrise des adventices (pouvoir couvrant, fauches répétées...) et les effluents d'élevage assurent la fertilisation des cultures. Cependant, certains agriculteurs souhaitent, pour diverses raisons, pratiquer une agriculture biologique sans élevage sur leur exploitation. Ceci est particulièrement vrai dans les grands bassins céréaliers où l'implantation présente des contraintes en terme de développement de filière, de savoir-faire des agriculteurs et d'investissement en structures / matériels dédiés à l'élevage sur l'exploitation. Sur les grands bassins céréaliers, la disponibilité en fertilisants organiques est réduite. Les exploitations en agriculture biologique sans élevage sont donc dépendantes de ressources qui sont rares et chères, surtout dans le contexte actuel de hausse du prix de l'énergie.

Passage de la roue hotative à la Motte

En plus de la gestion de la fertilité, l'enherbement est un frein important des systèmes de grandes cultures biologiques sans élevage. La rotation des cultures, en contribuant au maintien de la fertilité du sol et à la maitrise des adventices, est donc un levier important dans ce type de système. C'est la problématique étudiée à la Motte, dans le cadre d'un essai système de long terme et à l'échelle du système de culture. L'expérimentation de ce système "extrémisé" conduit sans apport permet de tester la faisabiltié et d'anticiper les difficultés liées à la mise en place de tels systèmes.

 DESCRIPTION DU SYSTEME

L’essai, mené sur une parcelle certifiée en AB de 64 ha, a démarré en 2003. La rotation testée est une rotation longue de 8 ans, non irriguée, sur un dispositif grandeur nature. Toutes les cultures de la rotation sont présentes chaque année et l’essai ne comporte pas de répétitions.
Les huit parcelles élémentaires sont de grande taille (de 5,5 ha à 8,6 ha), jugée comme correcte vis-à-vis de la biodiversité (Plan des parcelles de la Motte - BMP - 25 Ko).

 Plan des parcelles de la Motte

 Des zones refuges, pour partie en haies composites, sont intercalées entre chaque parcelle, avec possibilité d’en tirer du bois de chauffage. Des bandes enherbées de 4 mètres de large ont été implantées entre les parcelles qui ne sont pas séparées par des haies. La parcelle d’essai présente une situation plane à légèrement pentue.

 

SITUATION CULTURALE


Les sols ont fait l’objet d’une caractérisation au début de l’essai (graphique 1). Ce sont des sols limoneux lessivés profonds à tendance acide et hydromorphe, reposant sur un sous-sol plus argileux et franchement calcaire. Certaines zones sont fortement battantes. La teneur en MO et le C/N sont moyens (respectivement 1,8 et 9,1). Le sol est faiblement pourvu en phosphore et bien pourvu en potasse. L’essai a été chaulé en 2010.

 

 

ROTATION ET CULTURES

Les céréales sont prépondérantes dans la rotation (trois années sur huit) car ces cultures sont bien valorisées en alimentation humaine (marges brutes intéressantes). Les légumineuses servent à fixer de l’azote avant le blé. La luzerne, placée en tête de rotation, permet également de maîtriser les adventices et également d’améliorer la structure du sol.La rotation testée est la suivante : Luzerne – luzerne – Blé – Epeautre (ou sarrasin) – Féverole (avec une phacélie au préalable) – Blé – Mélange céréale + légumineuse – Blé (avec une moutarde au préalable).
Cette rotation alterne autant que possible les cultures d’hiver avec les cultures de printemps afin de briser le cycle des adventices (dans le schéma ci-dessous, les cultures d'hiver sont représentées par des losanges et les cultures de printemps par des cercles).

Rotation type du dispositif de la Motte

La structure de la rotation est fixe mais les cultures peuvent être modifiées en fonction des échecs ou des succès techniques rencontrés. Les itinéraires techniques des cultures sont souples et adaptés chaque année, mais doivent répondre à un jeu de règles de décisions (ci-dessous) fixé a priori pour permettre au système d’être durable.

Exemples de règles de décision du système

Point clé du système

Règles de décision

Maintien de la fertilité

Luzerne sur 2 ans ½

Maximiser la présence de légumineuses : luzerne, féverole, association céréales/légumineuses

Enfouissement de la dernière coupe de luzerne chaque année

Lutte contre les adventices

Luzerne sur 2 ans ½

Labour systématique chaque année

Diversification des cultures : hiver/printemps, familles différentes

Semis tardif des cultures d’hiver (début novembre)

Stratégies travail du sol/désherbage mécanique : en cours de modifications suite aux travaux d’A. LE QUEMENER (2010). Mise en place d’un essai désherbage mécanique suivi par Marion POTTIER (ARVALIS – Institut du végétal).

Prévention des maladies et ravageurs

Diversification des cultures : hiver/printemps, familles différentes

Haies, bandes enherbées, bosquets : refuges pour les auxiliaires des cultures

Semis tardifs des cultures d’hiver

Effet de la nutrition azotée sub-optimale des cultures.