L'arbre rural

 

L'agroforesterie regroupe les activités associant sur une même parcelle une vocation mixte de production annuelle (cultures, pâtures) et de production différée à long terme par les arbres (bois, services). Elle résulte soit d'une plantation sur des parcelles agricoles, soit d'une intervention (éclaircie) sur des parcelles boisées.

=> Photo d'AGROOF : moisson dans une parcelle agroforestière (voir galerie d'images d'AGROOF)

Bien qu'existant depuis l'antiquité sous des formes traditionnelles ayant perdurées jusqu'à notre époque (pré vergers, etc), les pratiques agroforestières connaissent un engouement récent en tant que trajectoires de développement nouvelles articulant notamment production alimentaire, énergétique et biodiversité. Cet engouement est perceptible à travers des déclarations politiques de soutien (déplacement de S. Le Foll cet été dans une ferme agroforestière du Gers, soutien de M. Guillou à l'agroforesterie), à travers les mouvements sociaux qu'elle génère (structuration de réseaux nationaux et européen), ou encore à travers des articles de presse sur l'agroforesterie (tant de la presse spécialisée : JA Mag "quand arbres et cultures font bon ménage" - juin 2012 que de la presse généraliste : Le Monde - "Le retour des arbres au milieu des champs" - 31/07/2012 (Article "le retour des arbres au milieu des champs"  - PDF - 800 Ko).

En terme d'aménités environnementales, les attentes sont particulièrement fortes vis à vis de l'agroforesterie dans les domaines de la préservation de l'eau, d'atténuation et d'adaptation face au changement climatique et de gestion de la biodiversité. Des travaux de recherche récents ont conforté le potentiel de l'agroforesterie comme réponse à ces enjeux (voir par exemple le Rapport de contrat de recherche n°2009 - 0009 avec l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse "L'agroforesterie peut-elle permettre de réduire les pollutions diffuses azotées d'origine agricole ?").

Ces résultats prometteurs ne doivent cependant pas faire perdre de vue que l'agroforesterie a encore beaucoup de chemin à parcourir. Les recherches se mettent en place très lentement, d'autant plus que les résultats les plus intéressants ne surviennent qu'après plusieurs cycles de valorisation de la composante forestière. (GIRAF, 2011 - (L’agroécologie : trajectoire et potentiel - PDF - 352Ko)). La sensibilisation et mobilisation des agronomes en faveur de l'agroforesterie jouera un rôle déterminant dans son développement.

 Les systèmes agroforestiers présentent un intérêt économique provenant de ce qu'ils tirent partie des interactions positives entre les arbres et les autres productions agricoles en conciliant une production à court terme (élevage ou culture) et à moyen ou long terme (le bois des arbres comme source d'énergie ou matériau). Ils constituent, quand les arbres sont bien localisés, bien choisis et bien conduits, un moyen de produire, sur une même parcelle, plus et mieux, avec moins d'intrants, tout en améliorant l'environnement (eau, sol, biodiversité, bilan carbone) et le cadre de vie. En ce sens, ils contribuent à conforter des exploitations agricoles engagées dans des dynamiques d'agriculture durable.

 

 En somme, l'agroforesterie, association de l'arbre et de l'agriculture et/ou de l'élevage permettent notamment de:

 

-  boucler des flux (azote, carbone...),

- limiter l'érosion (hydrique ou éolienne),

- favoriser la biodiversité en créant un habitat favorable et une continuité écologique au sein du territoire

- le système racinaire des arbres peut améliorer les strucuturedu sol

- certaines essences dites légumineuses peuvent enrichir de sol en azote

- crée un nouveau paysage agricole, identité d'un territoire

- être une nouvelle activité économique pour l'agriculteur

- ...

D'autre part, l'implantation d'arbres et leur gestion au quotidien peuvent être couteuses.

 

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