A Villarceaux, les champs et prairies sont enchâssés dans un maillages de haies, de bosquets, de lisières, de bandes enherbées ou encore de clôtures. Avec une quinzaine d'espèces cultivées dans l'année sur une surface de 370 ha environ, et une alternance de prairies et de champs cultivés, le paysage agricole de Villarceaux est haut en couleurs et contrastes. Le domaine est exclusivement mené en agriculture biologique. Des considérations territoriales, environnementales et sociales ont motivé la conversion du domaine à partir de 1997. Depuis septembre 2003, la totalité de l’exploitation est certifiée biologique.
Par ailleurs, la taille des parcelles a été drastiquement dimunuée pour atteindre une moyenne de 7,7 ha. Cette mesure a un impact paysager notable dans une région d'open-field ou la taille des parcelles excède souvent le 15 ha. Elle permet aussi de diversifier les habitats et les zones refuges, assurant ainsi un équilibre des populations entre les ravageurs des cultures et leurs prédateurs.
Afin de multiplier les zones de refuges et les corridors écologiques pour la faune auxiliaire des cultures et le gibier, un linéaire de 10 km de haie a été créé. L'arbre a retrouvé toute sa place dans l'exploitation agricole : habitat pour des espèces, abri pour les animaux d'élevage qui pâturent les bosquets et bientôt sûrement source d'énergie pour l'exploitant sous forme de bois de chauffage.
L'élevage ovin est une tradition à la Bergerie, ce qui explique le nom du lieu-dit. Le troupeau de brebis a toujours été présent à la ferme, mais était fortement en déclin dans les années 90. Le domaine agricole était alors très fortement tourné vers la céréaliculture. La Fph se lance alors dans une grande réflexion sur l'orientation du domaine et embauche trois jeunes agronomes chargé de revoir le projet. L'objectif est de créer une activité agricole durable. Pour cela, une des conditions nécessaires est de créer un système autonome, indépendant de la productions "d'intrants" (produits phytosanitaires et engrais) à l'extérieur de la ferme. Cela se traduit par :
Aujourd'hui, l'exploitation compte donc 140 ha de prairies temporaires sur lesquelles pâturent :
L'alimentation est composée d'herbe avec un complément en céréales pour les animaux à l'engraissement et les jeunes.
L'exploitation agricole fonctionne sur une rotation type de 4 années de prairies temporaires suivies de 4 années de cultures annuelles (homis sur le dispositif de La Motte qui est basé sur un système céréalier pur sans élevage). Parmi ces cultures, on ditingue :
Plusieurs de ces espèces sont cultivées en mélanges dans une même parcelle (pois-orge, lentille-cameline, seigle-lentillons) l'une servant de tuteur à l'autre.
L'EARL du Chemin Neuf qui gère l'activité de polyculture-élevage a contracté un prêt à usage (encore appelé commodat) avec la SCEA Ferme de la Bergerie propriétaire des terres. Ce type de bail permet de mettre à disposition les terres gratuitement en contrepartie du respect de certaines contraintes de gestion inscrite dans le document officiel.
Dans le cas prsent, l'EARL du Chemin neuf a obligation d'être certifié en agriculture biologique avec mention Nature et Progrès. A cela s'ajoute le maintien de la diversité végétale et animale, des zones de régulations écologiques existantes, ainsi qu'une efficience du processus productif supérieure à 50 %. Ce dernier point est un indicateur permettant d'évaluer l'autonomie de l'exploitation. Il est calculé comme suit : (produits-intrants)/produits
Pour en savoir plus sur le Commodat de l'EARL du Chemin neuf...