C'est en 1989 que prit place la première tentative de pratiquer de l'agriculture biologique sur le domaine. L'initiative en revient à un membre suisse du conseil, Robert George. Toutefois l'essai fut pratiqué sur une petite surface marginale en alternant deux ans de luzerne et un an de blé. Cet essai ne fut pas jugé concluant. Il est vrai également que le reponsable à l'époque de l'agriculture n'était pas convaincu.
En 1995 la FPH affirma son intention de mettre en place une agriculture durable. Or, la coopérative locale ayant à faire face à une demande de blé bio et soucieuse de la satisfaire se tourna naturellement vers la ferme de la Bergerie, se souvenant de la précédente tentative. C'est ainsi qu'en 1996 la ferme ammorça une conversion qui s'est achevée en 2003. 400 ha sont ainsi intégralement en agriculture biologique.
L'agronomie biologique repose sur la constitution d'agrosystème qui jouent sur la complémentarité entre les cultures et sur leur diversité ainsi que sur des aménagements paysagers (haies, bandes enherbées, parcelles de petites tailles). En effet cette agronomie repose sur une observation simple: quand on cultive toujours les mêmes plantes, au même endroits, en grande quantité, d'une année sur l'autre, on épuise le sol, on favorise la propagation de parasites et de maladies. L'antithèse de l'agronomie biologique c'est la monoculture sur de grandes surfaces. La restauration d'un agrosystème biologique a été rendue possible par:
Une limitation de la taille des parcelles. Alors qu'autrefois la plus grande parcelle faisait 70 ha, la plus grande désormais fait moins de 12 ha. Aucune parcelle ne fait par ailleurs plus de 120 m de large, et chaque parcelle est séparée des précédentes par une bande enherbée ou une haie. Ce réseau de haies et de bandes enherbée forment un maillage qui constitue un corridor écologique mais aussi des sas sanitaires qui isolent les cultures les unes les autres, ralentissant la propagation d'éventuelles maladies.
La réintroduction de l'élevage (bovins). Alors que le cheptel se limitait à 67 brebis, la ferme a reconstitué un troupeau de race salers, race robuste, de 66 mères avec leur suite soit un total de plus de 200 têtes. Le troupeau d'ovin a également été doublé. Ces ruminants valorisent les prairies qui, incluses dans la rotation, permettent la régénération de la fertilité du sol.
la diversification des cultures. Le blé a pu représenté autrefois plus de 50 % des cultures. Les autres cultures étant l'orge, le colza, l'avoine, le pois et le maïs. Aujourd'hui la ferme cultive en plus du tournesol, de l'épeautre, de l'engrain, du seigle, de la cameline, du lin graine, des lentilles, de la féverole. A cela il faut ajouter les mélanges prairiaux: lotier, trèfle, luzerne, fétuque, dactyle, ray-grass...
des cultures en mélange. Sur certaines parcelles, les cultures sont associées: lentille/orge, pois/orge.
L'allongement des rotations. Alors que les rotations (succession de culture) étaient courtes (2 à 3 ans) elles sont désormais beaucoup plus longues, 8 années en moyenne, soit 4 ans de prairie et 4 ans de culture.
Il est important de souligner que le choix fait par la fondation à l'origine et maintenu par l'EARL du chemin neuf, est d'exclure toute importation d'intrants venus de l'extérieur, même organiques. La production repose donc exclusivement sur l'efficience de l'agrosystème.
Si vous souhaitez en savoir plus sur les grands principes de la gestion durable des ressources naturelles, consultez la partie "Réflexion et sensibilisation" du site.
L'agriculture biologique sous-entend une certification par un organisme extérieur indépendant. L'activité agricole de polyculture-élevage de la Bergerie fait également l'objet d'une certification supplémentaire : la "certification participative Nature et Progrès"