Bergerie de Villarceaux
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Vers une gestion durable de la forêt...

La sylviculture est l'art de cultiver la forêt. L'idée que la forêt soit “cultivée” surprend. La forêt nous apparaît comme l'espace naturel par excellence. Le mot “cultiver” est à vrai dire impropre. Toutefois la forêt actuelle d'Europe est une forêt très étroitement gérée, avec ses cycles de replantation, de prélèvements, de mise à l'écart en vue de favoriser une régénération naturelle.

Histoire ancienne

En France, Philippe IV Le Bel édicte en 1291 une ordonnance sur les “Maîtres des eaux et forêts” qui atteste de l'attention portée par les rois à l'administration forestière. Mais c'est l'Ordonnance de Colbert sous Louis XIV en 1669, qui constitue la première ébauche de code forestier. C'est aussi une rupture. La préoccupation principale de l'Etat est le bois d'oeuvre, notamment de marine. Cet usage s'oppose à l'usage populaire et rural de la forêt comme espace fourrager (notamment pour l'élevage du porc essentiel dans l'économie domestique européenne) ou source de bois de chauffage. On voit par là que la forêt loin d'être un espace sauvage et délaissé étaient l'objet de conflit d'usage forts.

Diversité et forêt jardinée

Jusqu'au milieu du XXème siècle, les forêts de Villarceaux furent essentiellement constituées de taillis de charmes sous fûtaie de chênes et de hêtres. Cette conduite, classique, visait à fournir bois d'oeuvre et bois de chauffage. Les difficultés financières du domaine, dans les années 50 et 60 conduisirent à un appauvrissement de ces forêts. On y coupa les plus beaux arbres, sans effort suivi de recépage, de replantation ou de dégagement des semis naturels. Le taillis sous futaie, système artificiel demandant de l'entretien, évolua donc vers des friches où abondaient le sureau, le bouleau, la clématite et la ronce, ou de vieux taillis.

A la fin des années 80, la FPH engagea d'importants travaux, en vue de reconstituer une fûtaie de rapport, arrachant la friche et replantant une bonne centaine d'ha dont une partie de terres agricoles médiocres. Le choix fut celui de la diversité des essences: merisier, alisier, cornouiller, érables champêtre et sycomore, chêne, hêtre, frêne, pin laricio et cèdres de l'atlas dans les coteaux calcaires et secs. Globalement cette opération de grande envergure donna satisfaction à l'exception de quelque placettes. Ce fut néanmoins une opération lourde et assez systématique qui faisait table rase de l'existant. Outre un effet paysager assez rude les premières années, ceci posa quelques problèmes techniques de conduite des arbres et de dégagement régulier. Près de deux décennies après cette opération porte tout de même ses fruits avec reconstitution progressive d'un couvert forestier de belle allure.

A partir de la fin des années 90, la FPH a privilégié une intervention plus douce prenant mieux en compte le potentiel existant notamment en terme de régénération naturelle. Au niveau national, la notion de forêt jardinée s'est popularisée, la notion de jardinage impliquant des interventions moins systématiques et plus mesurées que ce soit dans le coupes ou dans la régénération. En conjuguant diversité et interventions douce la forêt de Villarceaux s'est résolument orientée vers une sylviculture durable.

Pour en savoir plus sur la gestion durable des ressources naturelles...

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